Intersaison hiver–printemps : comprendre la transition

Chaque année, le passage de l’hiver au printemps marque un moment charnière. Beaucoup ressentent alors un besoin de renouveau, une variation d’énergie ou une difficulté à quitter le rythme hivernal. En Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), cette phase porte un nom précis : l’intersaison hiver–printemps.

Cette période de transition, souvent méconnue, joue pourtant un rôle essentiel dans l’adaptation au changement saisonnier. Comprendre ce moment permet d’ajuster progressivement son rythme de vie et ses habitudes.

Qu’est-ce que l’intersaison en Médecine Traditionnelle Chinoise ?

La MTC s’appuie sur le calendrier solaire chinois, composé de 24 termes saisonniers (Jie Qi). Chaque saison commence par une phase de transition appelée intersaison, durant laquelle l’organisme s’adapte au changement de climat et de rythme.

Le printemps débute avec le terme solaire Li Chun (立春), généralement autour du 4 février.

Dates de l’intersaison hiver–printemps 2026

  • Du 17 janvier au 3 février 2026 inclus
  • Correspond aux 18 jours précédant Li Chun (立春)

Pourquoi cette période de transition est-elle importante ?

L’hiver est traditionnellement associé au ralentissement, au repos et à la conservation. Le printemps, à l’inverse, correspond à une reprise du mouvement, de l’élan et de l’activité.

Le passage de l’un à l’autre demande une adaptation progressive. Une reprise trop rapide ou un maintien prolongé du rythme hivernal peut rendre cette transition inconfortable.

Les recherches contemporaines montrent que les changements saisonniers influencent :

  • les rythmes veille–sommeil,
  • le niveau d’activité physique spontanée,
  • la perception de l’énergie et de la motivation.

Comment accompagner le passage de l’hiver au printemps ?

La MTC propose une logique simple : accompagner le mouvement naturel, sans le brusquer. Cette approche rejoint aujourd’hui de nombreuses recommandations issues de la chronobiologie et des sciences du comportement.

1. Ajuster progressivement le rythme de vie

  • Avancer doucement l’heure du lever
  • Limiter les grasses matinées prolongées
  • S’exposer à la lumière naturelle le matin

L’exposition matinale à la lumière est reconnue comme un facteur clé d’ajustement de l’horloge biologique.

2. Remettre le corps en mouvement en douceur

Après l’hiver, le corps bénéficie d’une reprise progressive de l’activité :

  • marche active,
  • étirements doux,
  • pratiques corporelles lentes et continues.

L’activité physique modérée favorise l’adaptation saisonnière et améliore le niveau d’énergie perçu.

3. Faire évoluer l’alimentation avec la saison

La transition vers le printemps s’accompagne souvent d’une évolution naturelle des envies alimentaires :

  • repas progressivement plus légers,
  • augmentation des légumes verts de saison,
  • diminution progressive des plats lourds de l’hiver.

Les études nutritionnelles montrent que les besoins digestifs et énergétiques varient selon les saisons.

4. Clarifier ses intentions pour l’année

Le printemps est traditionnellement associé au renouveau. Les périodes de transition temporelle sont reconnues comme favorables aux ajustements d’habitudes et à la réflexion personnelle.

Pour aller plus loin : le regard du Su Wen (chapitre 2)

Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir la vision traditionnelle, le chapitre 2 du Huangdi Neijing Su Wen décrit le printemps comme une période de « jaillissement et de déploiement ».

« Les Trois mois du printemps sont appelés : Jaillir et déployer ;
Ciel et Terre ensemble produisent la vie, les Dix mille êtres en resplendissent.
À la nuit on se couche, à l’aube on se lève ;
On arpente la cour à grandes enjambées, cheveux dénoués, le corps à l’aise.
On exerce son vouloir pour la poussée de la vie :
Faire vivre et ne pas tuer, Donner, ne pas ôter, Récompenser, ne pas punir.
Ainsi se conforme-t-on aux souffles du printemps, la voie pour l’entretien de la poussée de la vie.
Aller à contre-courant porterait atteinte au foie, causant, à l’été, des altérations dues au froid, par insuffisance de l’apport à la croissance.

Source :
Huangdi Neijing – Su Wen, traduction d'Élisabeth Rochat de la Vallée.

Ce chapitre 2 du Su Wen constitue l’un des textes de référence pour comprendre comment l’être humain peut s’accorder au rythme des saisons. Ce chapitre ne développe pas une théorie abstraite : il pose au contraire des bases concrètes de conduite saisonnière, en reliant étroitement les cycles de la nature aux comportements humains. Pour chaque saison, il décrit des repères simples : l’ajustement du rythme veille–sommeil, la place du mouvement, l’attitude intérieure et le rapport à l’action.

Concernant le printemps, le texte évoque une phase de « jaillissement et de déploiement », invitant à accompagner la reprise du mouvement plutôt qu’à la contrarier. Se conformer au rythme des saisons, tel que l’expose le Su Wen, revient à observer le moment de l’année et à adapter progressivement ses habitudes, afin de respecter la continuité du cycle naturel. Cette logique d’adaptation saisonnière constitue le socle sur lequel la Médecine Traditionnelle Chinoise a construit sa compréhension du vivant.

Et si vous faisiez le point pour cette intersaison ?

L’intersaison hiver–printemps est un moment privilégié pour faire un point personnalisé, mieux comprendre son fonctionnement et ajuster son rythme à la saison.

Une séance permet d’aborder cette transition de manière individualisée et d’accompagner le changement saisonnier avec plus de cohérence et de clarté.

📅 Prenez rendez-vous dès maintenant pour initier un changement durable.

La consultation d’un praticien en médecine chinoise ne saurait remplacer le suivi médical habituel ou en cours, ni se substituer aux traitements en cours. Seul votre médecin peut décider de l’arrêt ou de la modification d’un traitement médical.

Copyright @ 2024 Philippe Griveau – Praticien en Médecine Traditionnelle Chinoise à Rennes
Mentions Légales / Politique de Confidentialité / CGU / CGV